Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 17:55

La situation de la droite actuelle en France est assez affligeante. Alors que la gauche arrive à se soutenir tout en s’étripant, la droite au sens large devient peut-être un peu plus polie mais continue à refuser tout arrangement électoral. Nous savons que le véritable salut ne peut pas venir des urnes. Mais la situation actuelle semble nous conduire vers le pire, en livrant tout le pouvoir à la gauche, dans un véritable suicide collectif de droite.

Tous coupables

Il est de bon ton de reprocher à la droite parlementaire son ostracisme vis-à-vis du FN. Et ce reproche est certes tout à fait fondé. Mais c’est oublier un peu vite que le FN aussi, de son côté, ne manque pas de mettre de l’huile sur le feu : c’est Jean-Marie Le Pen lui-même qui a refusé une alliance de fait aux élections régionales de 1998.

A tout péché miséricorde

Si tous sont coupables, qui fera le premier pas ?
Pour sortir de cette situation, il faudrait à la fois un grand sens de la justice et un grand sens du pardon. Sens de la justice, car chacun a des choses à reprocher à l’autre, même s’il semble que le FN a plus de choses à reprocher à la droite que l’inverse. Sens du pardon, pour ne pas ressasser indéfiniment les mêmes griefs, et arriver à une courtoisie constructive.

Et si cela ne se fait pas ?

Sans un minimum d’accord à droite, Sarkozy ne peut pas être élu, et les députés seront très majoritairement de gauche, surtout avec le nombre de triangulaires annoncées.
Et il n’est pas du tout certain que cela provoquera une véritable rupture à droite : qui peut raisonnablement penser que le FN pourra devenir majoritaire, même avec l’appui de certaines personnalités de droite ?
En tout cas, la gauche pourra casser beaucoup de choses en cinq ans, et il n’est pas sûr que ce sera réparable : qui osera revenir sur la régularisation ou la naturalisation des allogènes ?

Tout le monde y perdra

Le FN veut peut-être « punir » la droite en la faisant perdre.
Mais le FN n’y gagnera rien, en tout cas pas à court terme, et sans doute pas à moyen terme non plus. En particulier, il risque de n’avoir quasiment aucun député.

Si j’étais un électeur de Sarkozy, un de ces millions de braves gens qui ont un bon fond mais qui lisent trop le Figaro et pas assez Présent, quelle serait mon attitude si Marine n’appelle pas à voter Sarkozy le 6 mai ?
Si Sarkozy gagne quand même, je me dirais que l’UMP a gagné tout seul, et qu’il peut bien continuer à gagner tout seul. En cas de duel FN – Gauche, il est probable que je ne me sentirais peu concerné.
Si Sarkozy perd, je crierai vengeance ! C’est à cause de Marine que Sarkozy a perdu, je vais le faire payer au prix fort ! Jamais je ne voterai pour un candidat FN, qui joue le jeu de l’ennemi !
Donc pas (ou très peu) de députés FN.

Et quelle pourrait être au contraire mon attitude si Marine soutient Sarkozy ? Une attitude qui sera forcément marquée par une certaine reconnaissance. En cas de victoire, je saurais que cette victoire lui est due en partie, et donc je serais enclin à renvoyer un peu l’ascenseur. Finalement, « ces gens-là » ont un meilleur fond que ce que je pensais. Et si nous perdons, je n’aurais rien à reprocher au FN, je pourrais même me dire qu’avec un peu de chance une majorité « droite + FN » peut arriver au Parlement et gêner le pouvoir socialiste, donc tout n’est pas perdu.

Et donc ?

Mélenchon n’a demandé aucune contrepartie au PS pour donner son soutien, mais il sait qu’il aura quand même une contrepartie. Il faut que Marine ait encore plus de courage et de sens de la France : pour éviter cinq années de malheurs à notre pays, elle doit soutenir Sarkozy. Même unilatéralement. Même avec toutes les réticences oratoires possibles.
Elle doit le faire, et non pas laisser chaque électeur le faire « en conscience ». Elle doit le faire en tant que chef, sinon elle n’en retirera rien pour elle ni pour le Front en tant que tel. En le faisant, elle aidera sans doute un peu Sarkozy, mais surtout elle parachèvera son travail de dédiabolisation.

C’est le seul moyen pour le FN d’exploiter sa victoire du premier tour. Sans cela, le FN n’aura pas de députés, il ne pèsera sur rien, et ses électeurs finiront par se lasser d’un parti avec lequel on n’arrive à rien.

Il faut des députés FN. Il faut que le FN joue un rôle. Sinon le score du premier tour n’aura pas eu de suite concrète. Et l’ensemble « naturalisations + droit de vote aux étrangers » diluera mécaniquement le vote FN. 

 

"Une France à droite, totalement dirigée par la gauche", cela peut mener à la même chose qu' "une France catholique menée par des anticléricaux" entre 1880 et 1914... avec les résultats que l'on sait...

 

Charles Rosiers  -  charles.rosiers@gmail.com 

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Mardi 10 avril 2012 2 10 /04 /Avr /2012 06:52

Le thème de la récente Marche pour la Vie de janvier était « Je marche et je vote pour la Vie ». Thème intéressant, dont les deux volets nous renvoient à des discussions de fond qui ont largement animé le paysage contrerévolutionnaire (et ce n’est pas fini !) : quelle est l’utilité de ce que nous faisons ? Utilité d’une telle marche ? D’un vote ?
En pareille matière, la notion d’efficience apporte un éclairage intéressant. Ce mot barbare signifie simplement : quelle efficacité pour quel coût ? Les moyens contrerévolutionnaires étant limités, il est logique de vouloir de les utiliser à bon escient.

L’utilité de ce que nous faisons

Il serait trop facile de dire que tout ce que nous faisons ne sert à rien. Certes, la décadence continue, nous le voyons tous les jours : le courant révolutionnaire institutionnel emporte tout sur son passage. D’un point de vue général, nous allons de défaites en défaites.
Cependant, nous devons aussi considérer deux points. Tout d’abord, cette chute est sans doute ralentie par nos efforts. Ce n’est pas négligeable. Tant que le Pouvoir ne nous empêche pas de remplir nos devoirs d’état essentiels, nous pouvons continuer à éduquer nos enfants, à bénéficier des Sacrements, à lire de bons ouvrages, etc. Certes, ceci n’a guère d’influence sur la société, et reste au niveau familial, au mieux au niveau « micro-chrétienté » ; mais cela représente pour chacun de nous une bonne partie de notre vie et de nos préoccupations. Il est probable que, si nous étions totalement invisibles, la chute serait plus rapide, et nous aurions beaucoup plus de mal à vivre au jour le jour et à remplir nos devoirs fondamentaux et immédiats.
Ensuite, même si les Institutions ne sont pas améliorées par nos actions, ces dernières permettent à des personnes de réfléchir, de voir qu’une autre voie est possible, et donc de se convertir au sens social comme au sens religieux. Cela ne changera rien à la masse donc aux votes, mais cette Lumière apportée à des âmes assoiffées ne peut pas être tenue pour nulle.

Le coût de ce que nous faisons

Les moyens mis en œuvre pour une action pourraient servir pour une autre action. Par exemple, la tentation est forte de se demander : avec le budget et l’énergie dépensés pour cette Marche, combien d’écoles aurions-nous pu ouvrir ? Certes. Mais ouvrir une école n’a pas le même rayonnement médiatique. Et les fronts à tenir ou à reconquérir sont nombreux, car l’ennemi attaque partout à la fois. Réagir sur de nombreux fronts est une nécessité.
De même, participer à des élections pour être élu peut coûter cher. Un candidat doit dépenser des sommes astronomiques pour que son message soit connu. Le Parti Solidarité France en est un bon exemple. Est-ce utile ? Nous posons la question sans y répondre : difficile de savoir l’efficience d’une telle démarche électoraliste. Porter un témoignage est en soi utile. Les moyens pourraient ils être mieux employés ailleurs ? Difficile de juger.

Des deux points ci-dessus, nous pouvons en déduire qu’une action est raisonnablement efficiente quand elle peut avoir une utilité et qu’elle a un coût faible. 

L’efficience raisonnable de certaines actions – Marcher – Voter

Continuons avec nos deux exemples de la Marche et du vote.
Pour un Francilien, venir à la Marche ne représente pas un coût important. En moralisant un peu, nous pourrions dire que tous les Franciliens ou presque auraient dû venir. Il est important également qu’il y ait des délégations de province, voire de l’étranger, car cela permet d’afficher une mobilisation nationale (voire internationale), de sensibiliser de nombreux évêques provinciaux, etc. Pour ce que nous en avons vu, la Marche a globalement respecté cela : une forte mobilisation parisienne, des délégations plus ou moins symboliques des provinces. Le coût est donc minimisé, et l’impact plus efficace (ou plutôt efficient !).
La question du vote est également intéressante. Certes, il est très difficile de présenter un candidat, donc notre propos n’est pas d’essayer d’appuyer ni de susciter un « Parti catholique » dont le seul slogan serait « Chrétienté ! ». En revanche, aller voter ne coûte quasiment rien. Il est vrai que chaque vote a une influence quasi nulle. Mais il nous semble scandaleux de perdre une occasion de ralentir « un peu » la chute, alors que cela ne coûte rien. La démobilisation des catholiques vis-à-vis du vote est un désastre. Nous ne sommes pas démocrates, c’est vrai, il serait incohérent de l’être. Mais cela ne nous empêche pas d’utiliser un moyen qui n’est pas en soi illégitime, le vote. Cela ne coûte rien et peut avoir une influence : ne pas le faire est une faute. Quant à la question  « pour qui voter ? », nous avons le critère des « points non négociables » qui peut nous éclairer : plusieurs solutions sont possibles de « moindre mal », même si aucune n’est pleinement satisfaisante. 
Dans le même esprit, rappelons notre article récent à propos de l’utilisation de nos impôts sur le revenu : pour un coût qui peut être supportable, l’efficacité est extraordinairement importante : n’est-ce pas une faute si je ne dirige pas mon impôt vers les bonnes œuvres ?


Le moyen le moins cher et le plus efficace

Nous ne pouvons pas terminer sans évoquer la prière, action efficiente par excellence, car sans coût mesurable. Mais la prière ne remplace pas l’action, la prière porte l’action, et l’épopée de Jehanne nous le rappelle avec acuité en cette année de jubilé.
Il faut donc prier, et agir. Remplir à ras bord les jarres, avec l’eau sale de nos vies imparfaites, pour le Bon Dieu la transforme en vin de fête !

 

charles.rosiers@gmail.com

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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 17:52

En période électorale, il est légitime de se demander s’il faut voter ou non ; et si oui : pour qui ? ! Ce débat s’appuie sur les notions de « moindre mal » et de « moindre pire ». Notre propos est de clarifier ces notions, et de donner un point de vue sur les enjeux de l’électoralisme par rapport à nos préoccupations.

Comment comprendre « moindre mal » et « moindre pire »

Le moindre mal peut être considéré ainsi : à partir d’une situation mauvaise, il est proposé une situation moins mauvaise. Par exemple, si une loi autorise l’avortement dans les 12 premières semaines, une loi restreignant à 10 premières semaines serait un moindre mal.
Le moindre pire, quant à lui, se définit ainsi : à partir d’une situation mauvaise, il est proposé d’autres situations pires, mais l’une serait moins mauvaise que les autres. Par exemple, un candidat propose d’allonger le délai pour avorter jusque 24 semaines, et un autre propose jusque 15 semaines. Le second candidat serait un « moindre pire » par rapport au premier.

Une réponse qui n’en est pas une

L’Eglise enseigne clairement qu’il est moralement possible de collaborer positivement à un moindre mal. Dans notre exemple, un député catholique peut voter une loi limitant à 10 semaines l’avortement, car il améliore la situation précédente : ce serait un premier pas dans le bon sens.
En revanche, l’Eglise semble beaucoup plus prudente concernant le « moindre pire ». Certes, il est interdit de collaborer volontairement au mal (volontaire in causa). Mais une inaction totale ou une opposition à toutes les propositions peut conduire à une des pires situations. Il y a en effet différents degrés dans la dégradation de la situation. Pour prendre un exemple, que devrait faire un Maire sommé de désigner 10 hommes pour être fusillés par l’ennemi, sous la menace que 500 seraient fusillés s’il ne fait rien ? Le Maire est-il volontaire par rapport à ces « choix » ? Non, il n’est pas volontaire, c’est l’ennemi qui le force à jouer un rôle. C’est l’ennemi qui cyniquement le force à un choix, le choix de ne rien faire et que 500 hommes meurent (à cause de lui ?), le choix de désigner (et d’en porter la responsabilité ?) pour limiter les dégâts, avec par exemple l’espoir que les hommes épargnés puissent bientôt reprendre le combat. Pensons au vieux Maréchal qui dut assumer de tels choix contre les Allemands.

La situation actuelle

La démocratie est notre ennemi actuel. Elle nous force à jouer un rôle. Jouer le rôle de ne rien faire (abstention) et donc de laisser faire. Ou jouer le rôle de n’envoyer qu’un signal illisible (vote blanc… au milieu de milliers de votes blancs ayant chacun leurs raisons), ce qui revient aussi à laisser faire. Ou enfin le rôle d’envoyer un signal lisible (vote pour un candidat) mais avec toujours des inconvénients : voter pour un mauvais candidat éligible (Sarko) qui serait un moindre pire par rapport à un autre (Hollande ?) ? Voter pour un candidat moins mauvais probablement non éligible (Marine ?) au risque de favoriser l’élection du pire (Hollande ?).

Ce « jeu » se complique en effet par le biais des raisonnements à tiroir : si Marine passe le 1er tour, c’est Hollande qui gagne, celui qui promet de nous compliquer la vie autant qu’il pourra. Si Sarko gagne, il va croire que nous le soutenons. Etc.

Et, pour couronner le tout, nous devons choisir selon des « promesses électorales » qui n’engagent pas les candidats… Ce n’est pas parce que Hollande promet de casser tout ce qui reste de la Chrétienté qu’il le fera. Ce n’est pas parce que Sarko promet de réhabiliter les Harkis ou de mettre de la proportionnelle dans les élections législatives qu’il le fera. S’il le voulait vraiment, ce serait déjà fait… Contrairement à l’ennemi qui a déjà aligné 100 hommes devant le peloton d’exécution devant le Maire, voire qui a déjà commencé à tuer les premiers, nous ne savons pas si tout ce qui est « promis » sera fait…

Pouvoir continuer le combat

Il nous semble que la priorité est de préserver la possibilité de continuer le combat, en évitant que la Révolution ne nous complique outrancièrement les choses.
Les écrits de Rémi Fontaine sur le « sain et légitime communautarisme » nous donnent des clefs. Dans son dernier livre « Sous le signe d’Antigone », il montre la nécessité du combat notamment dans deux domaines, celui de la formation (créer des écoles, former nos jeunes par le scoutisme ou autre, etc.), et celui de l’objection de conscience (permettre à l’Eglise de continuer à délivrer l’enseignement divin, permettre une Mutuelle comme Fidelis Santé, permettre au personnel de santé d’exercer, etc.). Les exemples actuels en Amérique ou en Angleterre doivent nous pousser à la réflexion : les assurances forcées à rembourser la contraception, les associations d’aide à l’adoption forcées d’accepter les demandes des « paires » homosexuelles ? Et même en France, où un pharmacien est obligé de vendre des contraceptifs, etc.
Le minimum est de ne pas être empêché par la loi de faire notre devoir, quand bien même la loi de plus en plus libérale permet « aux autres » de faire n’importe quoi.


Et donc ?

La politique du pire est la pire des politiques (Maurras). Si nous avons la possibilité d’influer (un peu) les événements, par le simple fait de voter, et d’essayer au moins de ralentir la chute, il serait dommage de ne pas le faire. Si un jour la loi nous interdit de former convenablement nos jeunes, ou nous oblige à mal agir, aurons-nous d’autres solutions que la révolte ouverte ou l’exil ? Le « sain et légitime communautarisme » n’est possible que si la loi nous y autorise.

Enfin, quels que soient nos choix du 1er et du 2e tour, n’oublions pas le 3e tour, celui des élections législatives. La « droite » n’a jamais été aussi combattive qu’entre 1986 et 1988, quand elle voulait se démarquer du Président avec qui elle « cohabitait ».

Le scénario idéal selon nous ? Un gros vote « Marine » au 1er (voire aussi au 2e !) tour, puis l’élection de Hollande, puis une assemblée de députés capable d’avoir la majorité « toutes droites confondues »… Certains masques tomberaient vite !! Ceci n'est pas une "consigne de vote", mais seulement la description du scénario de "moindre mal" que pourrait nous apporter cette démoniaque démocratie.

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Samedi 24 mars 2012 6 24 /03 /Mars /2012 14:18

A l’approche des élections, les médias amis reprennent l’argumentation désormais classique des trois « points non négociables » dits « PNN ». Ces PNN ont l’avantage de placer le débat sur de vrais sujets de société, et non sur des Partis ou des personnes. Nous souhaitons cependant montrer deux choses à ce propos. Tout d’abord, cette notion de PNN est incompatible avec la démocratie. Ensuite, ces PNN doivent être compris dans un sens chrétien, faute de quoi ils peuvent être interprétés de manière libérale, révolutionnaire.

Rappel rapide de ces PNN

En résumé, ces PNN sont les suivants : respect de la Vie de la conception à la mort naturelle, respect de la famille constituée d’un homme et d’une femme et de leurs éventuels enfants, respect de la responsabilité première des parents dans l’éducation de leurs enfants.

« Non négociables », donc antidémocratiques

En démocratie, rien n’est considéré comme « non négociable ». Si le nombre suffisant est atteint, tout est possible, n’importe quelle loi peut passer.
Dans un système démocratique, cette démarche des PNN ne peut espérer qu’une chose, qui est dire ceci aux candidats : « vous ne pouvez espérer avoir notre voix que si vous êtes d’accord avec ces trois points. Ceci n’est pas négociable ». Or, un tel propos est-il tenable ?
Le débat désormais habituel concernant le « moindre mal » et le « moindre pire » va ressurgir. Par exemple, est-il illégitime de voter (notamment au 2e tour) pour un candidat qui ne cherche pas à détruire nos écoles ou nos scouts, pour battre l’autre candidat qui en fait une priorité ?
Il n’y a qu’en Chrétienté que le concept de PNN peut avoir un sens, et ce sens est simple : dans un ordre social chrétien, les lois humaines ne doivent pas contredire la Loi divine, donc les PNN ne sont même pas sujets à discussion.
Aujourd’hui, en pratique, ces PNN ne peuvent servir que comme arguments d’influence vers les candidats, pour qu’ils retiennent des choses simples qui nous tiennent à cœur, mais qui peuvent difficilement être nos lignes de front strictes.

Le respect de la vie de la conception à la mort naturelle

Ce point peut sembler le moins sujet à une mauvaise interprétation. Précisons cependant qu’il concerne le respect de la vie innocente. Il ne doit donc pas être un argument antimilitariste par exemple, ni contre la peine de mort, ni contre la légitime défense, etc. Ce point doit être compris dans le cadre des notions de Bien Commun et du Moindre Mal : donner la mort est parfois légitime, ou nécessaire.

Famille fondée sur le mariage d’un homme et d’une femme

Bien sûr, ce point permet de lutter contre le gender et les revendications homosexualistes. Mais, pour être complet, il faut rappeler ce qu’est un mariage, même si cela est moins « populaire ». Le mariage d’un catholique n’existe réellement qu’en tant que Sacrement, même pour un mariage « mixte » ; sinon, le mariage est invalide, ce PNN n’est pas respecté au sens strict. En revanche, le mariage purement civil de deux non-catholiques est valide, en vertu du « droit naturel ». Par ailleurs, ce point implique également l’illégitimité du remariage (sauf cas du veuvage).
Dans une optique vraiment catholique, il signifie donc que la loi humaine devrait dire : « l’Etat ne vous considère comme mariés que dans les cas où votre mariage est reconnu valide par l’Eglise ». Ceci n’empêcherait pas les « unions de fait », mais le terme « mariage » (et le statut civil le protégeant et le valorisant) serait réservé aux vrais mariages, ceux qui s’inscrivent dans le cadre objectif du Bien Commun.

Responsabilité des parents pour l’éducation de leurs enfants

Ce point a pour but de lutter contre les dérives de l’Etat qui veut s’arroger cette responsabilité notamment par le biais de l’Education dite Nationale. Il justifie la création et le développement de nos écoles « hors contrat ».
Cependant, il pourrait aussi justifier la création d’écoles coraniques, ou de n’importe quelle secte. Cette responsabilité des parents est donc limitée par le Bien, ici encore. Ce point devrait donc plutôt s’écrire « responsabilité première des parents pour la bonne éducation des enfants ». « Eduquer », c’est « conduire vers » (ex ducere en latin), encore faut-il conduire vers le Bien.

De Charybde en Scylla

Cette démarche des PNN est intéressante, mais elle montre aussi l’étendue de notre décalage avec l’environnement actuel. Nous employons des mots dans un sens catholique, et c’est bien normal. Mais ils sont rarement reçus ainsi par la « masse » des électeurs ou des candidats. Ceci montre les limites de nos démarches.
Si nous voulons expliquer en détail ce que signifient les PNN, il est probable qu’aucun candidat éligible ne s’engagera sur des points aussi « politiquement incorrects » que la peine de mort, l’interdiction du divorce-remariage ou des écoles subversives.
Si nous laissons à chacun l’interprétation de ces PNN, il est probable que des candidats diront des choses intéressantes, mais limitées. S’ils sont élus, cela peut permettre de ralentir un peu la chute, mais pas de redresser la barre. Par exemple, un homme « devenu femme » en vertu du gender pourrait « épouser » un  autre homme, en « respectant » nos PNN interprétés dans un sens très large…  Et nous revenons à la question du vote « moindre mal / moindre pire », sachant que la démocratie ne peut nous conduire que vers le pire… 


Cette notion de « points non négociables » sert de « ligne de défense » dans les actions d’influence et c’est une bonne chose. Elle permet de revenir à des clivages de société, et non de Partis. Mais il ne faut pas se faire trop d’illusions sur le résultat.
Ces PNN peuvent servir à faire réfléchir des électeurs et des candidats, par une « marteau-thérapie » de répétition qui finira bien par entrer dans certains cerveaux et limiter un peu les dégâts. Souhaitons que cela fasse réfléchir quelques personnes « de bonne volonté », susceptibles de rejoindre le bon combat, au sein ou à partir des « espaces de chrétienté ».

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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 14:15

Un des sujets les plus controversés entre la « Tradition » et « Vatican II » concerne la question de la liberté. Il est vrai que cette notion est complexe, et que les textes du dernier Concile sont interprétables de différentes manières. Il nous semble que ce point est une des difficultés des relations actuelles entre la FSSPX et Rome. Essayons donc de rappeler les différents sens du mot « liberté », en espérant que cette clarification permettra d’éviter des incompréhensions dommageables pour tous.

Définir avant de dire

L’Eglise s’est montrée historiquement très soucieuse de la précision du vocabulaire. Les Conciles avaient souvent pour objet la définition de termes, de notions. Et ces définitions étaient ensuite écrites, expliquées, dans un admirable souci de cohérence.
Malheureusement, le Concile « pastoral » Vatican II a en quelque sorte officialisé un certain flou, exploité par les malveillants de tout bord, notamment concernant la « liberté »
 
Reprenons donc les trois sens de ce mot.

Le libre arbitre = cette « liberté » au sens physiologique

Le Créateur nous a donné des possibilités physiologiques (physiques et mentales). Il nous est possible de nous mouvoir, à bon ou mauvais escient ; il nous est possible de penser, parler, croire, à bon ou mauvais escient.
Ceci permet notre « libre arbitre », notamment en matière de religion. Il nous est physiologiquement possible de croire beaucoup de choses, de faire beaucoup de choses. C’est ce sens qui se retrouve par exemple dans les Sciences Physiques, dans la notion de « degrés de liberté » : un avion a 3 degrés de liberté (il peut se déplacer dans l’espace), une bille sur une table n’en a que deux, et un train n’en a qu’un seul (il doit suivre les rails).
Pour l’homme, une dimension morale s’y attache : ce « libre arbitre » est une condition nécessaire à notre responsabilité. Si nous n’avions pas cette possibilité de choix, nous ne pourrions avoir aucun mérite à faire le Bien.

Cette « liberté – libre arbitre » est donc liée aux possibilités physiologiques dont est dotée notre nature humaine, possibilités sans lesquelles nous ne pourrions être responsables de rien.


Le non-empêchement = cette « liberté » au sens légal

L’homme est fait pour vivre en société. Pour harmoniser cette vie commune, il faut une autorité. Cette autorité édicte et fait respecter des lois, lesquelles servent à garantir le Bien Commun, à favoriser le Bien et décourager le Mal.
Mais ces lois ne peuvent pas interdire et traquer tout le mal, sinon nous serions dans un totalitarisme écrasant, sans pouvoir exercer notre libre-arbitre. Ce serait impossible en pratique et conduirait à une grande hypocrisie.
La limite de ce que la loi doit réguler est communément décrite comme devant « garantir l’ordre public ». Une trop grosse contrainte conduirait à des révoltes et à une déresponsabilisation : il faut donc « tolérer » une partie du mal. Par exemple, la loi ne doit pas interdire aux parents de commettre de légers mensonges envers leurs enfants … même si cela est en effet moralement très mal.

Pour les activités de « culte », l’Etat doit garantir une certaine « tolérance », un « non empêchement » de la part de l’Etat, tant que l’ordre public est sauvegardé.

Cette limite est relative3 : l’Etat devra tolérer plus de choses dans une nation très paganisée. Par exemple, le Royaume franc de Jérusalem devait tolérer l’exercice public et visible du culte mahométan. Cette tolérance n’était certes pas nécessaire à la même époque en France.

La « liberté religieuse » dans ce sens n’est donc que la tolérance octroyée (provisoirement ?) aux faux cultes, par l’Etat, dans de « justes  limites ».

Cette « liberté – non empêchement » est donc liée à notre vie en société, qui est bien obligée de tolérer un peu le mal, pour éviter de devenir un « totalitarisme catholique », et permettre au libre-arbitre de s’exercer (dans une mesure acceptable dépendant de la société en question). 


La « vraie liberté » = celle qui permet à notre nature humaine sa pleine réalisation

Enfermons un prisonnier seul dans une petite cage. Il pourra survivre, mais il ne pourra plus faire ce que sa nature réclame : marcher, s’allonger, converser, s’étirer, etc. Il en deviendra malheureux. 

Le Bon Dieu nous a créés en nous dotant d’une nature humaine, qui a un sens, une finalité. Cette finalité est de participer à la gloire du Créateur, partiellement ici-bas aujourd’hui, et pleinement au Paradis demain si Dieu le veult. Pour cela, l’homme doit faire le Bien et éviter le Mal. Faisant le Bien, il se réalise pleinement … et est véritablement heureux, par construction (par « programmation ») de sa nature. Au contraire, le péché le rend esclave … et malheureux, même s’il ne s’en rend pas compte tout de suite. Sombrer progressivement dans le péché, c’est rétrécir progressivement la cage de notre exemple initial.

Cela rejoint la phrase de Notre Seigneur : « la vérité vous rendra libres ». Seule la vraie religion, enseignée et vécue, peut rendre libre.

Cette « vraie liberté » est donc liée à notre relation avec Dieu, et a la correspondance entre ce que nous faisons et ce dont a besoin notre nature humaine créée par Dieu 

Et donc … la « liberté religieuse » ?

Dans le premier sens, la « liberté religieuse » signifie qu’il est physiologiquement possible à un homme d’adorer un faux dieu. Dans le deuxième sens, il s’agit de dire que la loi ne doit pas interdire complètement ces faux cultes. Enfin, le troisième (et en fait véritable) sens consiste à permettre (et même favoriser) le travail de l’Eglise.

Ainsi, est-il scandaleux que l’Eglise réclame la « liberté religieuse pour tous les cultes » en Chine ou dans un pays musulman, si cette demande  concerne le deuxième sens ? Peut-elle faire autrement, dans le contexte actuel ? Si elle la réclamait dans le troisième sens, qui l’écouterait, qui l’appuierait ? Rappelons-nous que l’on ne peut parler à chacun que le langage qu’il est capable de comprendre.

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La Contrerévolution est le contraire de la Révolution.
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Dans une optique plus religieuse, notre nature humaine nous vient de notre Créateur.

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